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L'Europe accuse un retard structurel dans l'économie mondiale

L'Europe semble encore considérer sa faiblesse économique comme un simple contretemps passager, mais en réalité, cette faiblesse devient de plus en plus structurelle. Alors que les États-Unis entament l'année sur une croissance robuste et que le Japon ouvre prudemment une nouvelle ère d'optimisme, l'Union européenne est à la traîne, victime d'une faible croissance, d'un climat économique morose et d'une paralysie politique. Ce qui était autrefois perçu comme un ralentissement conjoncturel ressemble de plus en plus à un retard de long terme dans l'ordre économique mondial, explique Mark Dowding, directeur des investissements chez RBC BlueBay Asset Management.

Selon M. Dowding, ce déclin est en grande partie auto-infligé. « On prend progressivement conscience que l'UE est devenue un système excessivement réglementé, faisant des choix politiques qui freinent structurellement la croissance et le moral des investisseurs », affirme-t-il. Les prix élevés de l'énergie, la complexité de la réglementation et un climat d'investissement défavorable pèsent particulièrement sur la compétitivité industrielle. Le résultat est visible : les capitaux se dirigent vers des économies plus dynamiques, tandis que l'Europe stagne autour de 1 % de croissance.

Il est frappant de constater qu'il y a un an, les décideurs européens pensaient encore tirer profit des troubles géopolitiques aux États-Unis. Un président américain imprévisible devait, selon eux, renforcer automatiquement le poids de l'Europe sur la scène internationale. Or, cette perspective ne s'est pas concrétisée. « La dynamique énergétique et économique que nous observons ailleurs révèle à quel point l'Europe perd rapidement de son influence », affirme Dowding. Même au sein de la zone euro, la croissance, déjà limitée, provient principalement d'Europe du Sud, tandis que les pays du cœur de la zone euro sont à la traîne. La Banque centrale européenne dispose de peu de marge de manœuvre dans ce contexte : une baisse des taux d'intérêt est inévitable à long terme, mais elle ne résoudra pas les problèmes de fond.

Par ailleurs, l'incertitude politique s'accroît. Des élections locales en France pourraient rapidement engendrer des tensions à l'approche de l'élection présidentielle de 2027, limitant ainsi les possibilités de nouvelles réductions des primes de risque. Dowding met en garde contre la tendance des investisseurs à ignorer trop facilement ces failles structurelles. L'Europe peut sembler stable sur les marchés financiers à court terme, mais sans un changement de cap fondamental, cette stabilité risque de n'être que le fruit de faibles anticipations, et non d'un regain de vigueur économique.

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