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Le « PIB fantôme » masque les risques liés à l’IA

L'économie américaine semble solide, mais selon Mark Dowding, directeur des investissements chez RBC BlueBay, des tensions se font jour en coulisses. Les investissements massifs dans l'intelligence artificielle stimulent la croissance, mais celle-ci ne se traduit pas visiblement par une hausse des revenus. Ce phénomène est désormais connu sous le nom de « PIB fantôme » : les chiffres de croissance paraissent prometteurs, « mais ce PIB ne semble profiter à personne », explique M. Dowding.

Pour l'instant, l'économie se trouve encore dans la phase dite d'infrastructure. La construction de centres de données et d'installations liées à l'IA a un impact direct sur les chiffres d'investissement et soutient la croissance. Cependant, selon M. Dowding, le véritable risque réside dans la prochaine étape : la phase d'adoption. Une application généralisée de l'IA dans des secteurs comme les services juridiques, l'assurance et la gestion d'actifs pourrait entraîner un affaiblissement plus rapide du marché du travail.

Les entreprises qui perdent leur pouvoir de fixation des prix ou des parts de marché investiront davantage dans la technologie tout en devant réduire leurs coûts, ce qui pourrait entraîner des pertes d'emplois. Si cet ajustement s'étale sur dix ans, il reste gérable. Mais compte tenu du rythme de développement de l'IA, Dowding estime qu'il existe un risque réel que ce processus soit plus brutal et provoque des perturbations importantes.

De plus, selon lui, il n'est pas évident que la baisse des prix des services professionnels se traduise par une augmentation des volumes. La demande dans ce secteur est relativement inélastique. Cela signifie que de nombreux investissements dans l'IA pourraient aboutir à une redistribution des parts de marché, un jeu à somme nulle, plutôt qu'à une croissance supplémentaire.

La conclusion macroéconomique est claire : l'adoption accélérée de l'IA pourrait créer un environnement plus désinflationniste. Cette perspective soutient les obligations d'État à long terme, mais accroît simultanément le risque que la stabilité apparente actuelle de l'économie se révèle moins robuste que ne le suggèrent les chiffres de la croissance.

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